Avec ce troisième volet de « Cellule Poison », le lecteur plonge au cœur des réseaux internationaux de prostitution qui étendent leurs tentacules dans l’Europe d’aujourd’hui. Par un jeu habile de retour en arrière, Laurent Astier, l’auteur, démontre les mécanismes sordides qui alimentent les capitales occidentales en filles jeunes et jolies traitées comme de vulgaires marchandises. Cette fois, Clara est à la tête d’un hôtel de charme pour clients fortunés, le club Diana Cazadora, en Espagne. Son collègue Zoran est directement concerné par leur mission : sa sœur Ana a été enlevée par deux Albanais avant d’être contrainte de se prostituer. Il l’a retrouvée quelques mois plus tard à Tirana, en Albanie, et veut tout faire pour la délivrer. Le traitement graphique de cette BD, très personnel, constitué d’aplats de couleurs vives, et la mécanique précise de son récit viennent renforcer la crédibilité de son intrigue, nourrie par le rappel du contexte historique pour le moins compliqué des Balkans. « Cellule Poison » s’impose comme une série originale à découvrir très vite.
Francescu Maria Antona