La bande dessinée espagnole se porte très bien. Nous avons découvert en 2001, Ana Mirallès, une madrilène de presque 50 ans, qui a mis en dessin la somptueuse série « Djinn », dont Jean Dufaux assure les textes. Avant cela, cette dernière s’était déjà fait un nom dans son pays, avec des titres tels que « El Brillo de una mirada », ou encore « Eva Medusa ». Sur un scénario de son compagnon Emilio Ruiz, la dessinatrice nous entraîne aujourd’hui dans une sarabande amusante et riche de sens. « Mano en mano » (éditions Dargaud) met en scène un billet de 20 euros. Un simple billet qui passe de main en main, de personnage en personnage, avec pour décors une ville espagnole. Ce bout de papier fait le bonheur – et même le malheur quelquefois – d’un gardien de banque, d’une vieille dame, d’un pickpocket antipathique, d’un pauvre type abandonné par sa fiancée, ou d’une serveuse de bar. Sans oublier, les gamins des rues, un marchand de chaussure, un coureur cyclisme, etc… En réalité, c’est tout un monde qui défile devant nos yeux. Le monde d’aujourd’hui. Notre monde. Une idée originale enrichie par un scénario bien ficelé et un graphisme somptueux.
Francescu Maria Antona