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BD DE LA SEMAINE

A la découverte de Washita

Semaine du 25 juin 2009

Thomas Labourot et Sérevine Gauthier étaient présents lors du dernier Festival BD d’Ajaccio. Nous en avons profité pour parler avec eux de leur dernier album, Washita, qui vient de paraître. Rencontre avec Thomas (dessinateur) et Séverine (scénariste).

Comment est née Washita ?
SG : Après avoir collaboré sur Mon arbre, nous avions envie de retravailler ensemble sur un nouveau projet, mais quelque chose qui soit différent. Je termine actuellement l’écriture d’une thèse sur une tribu amérindienne, et je baigne dans cette culture depuis environ cinq ans. Je parlais souvent de mes recherches à Thomas et il m’a suggéré d’écrire un scénario.
TL : C’est vrai que le jour où Séverine a commencé à me raconter des légendes indiennes, j’ai trouvé ça très intéressant et surtout que cela ferait de bonnes choses en BD.
Quelle place avez-vous accordé à la réalité historique ?
SG : Washita n’est pas une série historique. C’est une fiction qui se base sur des faits culturels, une organisation sociale et des croyances précises et authentiques. Les personnages sont guidés par des croyances réelles. Leurs comportements et leurs réactions sont dictés par une organisation sociale particulière.
La documentation a-t-elle été une étape importante ?
SG : Elle est primordiale. C’est ce qui permet de donner de la profondeur aux personnages, et de la crédibilité à leur mode de vie. Du choix des mythes utilisés dans l’histoire, à l’apparence physique des personnages, en passant par la reconstitution du village, tout est documenté. Nous avons souhaité immerger le lecteur dans une culture différente sans pour autant qu’il en soit conscient. Je pense que Thomas a relevé le défi avec brio. Il a réussi à nous faire entrer dans cet univers sans que l’on se pose de questions. L’immersion est immédiate.
Comment avez-vous procédé pour mettre en images cet album ?
SG : Nous sommes tombés amoureux de l’art Haïda, un peuple amérindien de la côte ouest du Canada et du nord des Etats-Unis en visitant le musée canadien des civilisations. C’est un art qui présente un graphisme très moderne et une stylisation poussée à l’extrême. Thomas a donc travaillé dans cette direction pour apporter de la cohérence à notre histoire.
TL : L’art Haïda est un art ancien qui m’a étonné par sa modernité. Tout est stylisé à l’extrême. Je suis devenu fan. Dans le tome 3, il y aura une séquence entière réalisée comme cela. Il vous faudra attendre un peu pour la voir …
Comment voyez-vous l'avenir de cette série ?
SG : L’histoire est déjà entièrement écrite. Nous avons pris la décision de la diviser en cinq épisodes avec notre éditeur. Nous avons opté pour une narration lente et contemplative. J’ai choisi d’adopter la façon amérindienne de raconter des histoires. Je voulais que l’histoire de Washita ait toutes les caractéristiques d’un conte amérindien, y compris dans sa narration et dans le rythme qu’elle induit. C’est pour cette raison que nous avons choisi un format plus adapté avec 54 pages.

 

FMA