Accueil L'info Bd de la semaine « Je suis cathare » : rencontre avec Makyo
BD DE LA SEMAINE
Semaine du 7 janvier 2007
Makyo (Pierre Fournier de son vrai nom) est un scénariste prolifique qui étonne, en ce début d’année 2008, avec « Je suis cathare ». Associé à un dessinateur italien, Alessandro Calore, ce dernier nous propose une nouvelle série moyenâgeuse qui se déroule en l’an de grâce 1310. Le scénariste nous présente cet album…
Pourquoi avez-vous choisi de traiter le catharisme ?
Je suis moi-même la réincarnation d’un cathare… Plus sérieusement, je m’intéresse de près à cette période et j’ai beaucoup lu sur le sujet. Dans le deuxième cycle de « Balade au bout du monde », j’avais déjà abordé la catharisme de manière sous-jacente. Les cathares cherchaient à retrouver l’essence même de la religion. Ils pensaient que la véritable église était le temple du cœur et rejetaient la corruption de la hiérarchie religieuse, tout comme les premiers chrétiens ou protestants le feront quelques siècles plus tard. Ils sont exemplaires du combat éternel contre les jeux de pouvoir et les dogmes des religions temporelles.
C’est un sujet idéal pour un raconteur d’histoires ?
La période est très romanesque et comporte son lot de traîtrises, de tensions, d’êtres purs ou de complots. Les valeurs étaient inversées : ceux qui prétendaient défendre le bien étaient en réalité des démoniaques et ceux que les dignitaires chrétiens nommaient hérétiques étaient de vrais cœurs purs. Le romancier Henri Gougeaud a très bien rendu compte de cette époque en écrivant de vrais petits chef-d’œuvres comme « Bélibaste, l’homme à la vie inexplicable », ou « L’Inquisiteur ».
« Je suis cathare » relève du roman historique mais aussi du récit fantastique…
Les lieux et les dates sont respectées, mais j’aime imprégner mes scénarios de réalisme fantastique. L’imagination peut permettre des libertés que la science n’autorise pas. Je ne cherche pas à transformer l’histoire, mais à faire apparaître la dimension parallèle, ésotérique, de certaines données historiques. J’essaie à la fois de distraire le lecteur et d’effleurer avec lui le cœur du mystère…
Qu’est-ce qui vous séduit chez le dessinateur Alessandro Calore ?
Il m’envoyait ses planches par internet et j’étais scotché au fur et à mesure que je les découvrais ! Non seulement il sait tout faire, mais il est aussi capable de charger ses personnages d’une dimension profondément humaine pour les rendre attachants et vivants. Et une très belle coïncidence s’est produite : il a traité la couverture dans les tons bleus, et le bleu était justement la couleur de la spiritualité selon les cathares…
Francescu Maria Antona