Accueil L'info Bd de la semaine Suite et fin pour « Une Balle dans la tête »
BD DE LA SEMAINE
Semaine du 30 avril 2010
L’histoire se déroule en Irlande, dans les années 70. Angus, est un flic infiltré dans un groupuscule catholique extrémiste. Les auteurs, Corbeyran au scénario et Jef aux dessins, nous entraînent avec force dans la période troublée des années irlandaises, au plus fort des affrontements entre Armée Républicaine Irlandaise et forces de l’ordre britannique. Le tome 2 vient de paraître et s’intitule « Dara ». Nous avons rencontré Jef, le dessinateur d’ « Une Balle dans la tête ».
Jef, pourquoi avoir choisi de raconter l'Irlande des années 70 en bande dessinée ?
J'ai surtout voulu raconter l'histoire d'un homme, de la dualité d'un homme pris entre deux feux. D'un coté, son boulot de flic, et de l'autre son histoire d'amitié avec l'IRA. Il y a bien longtemps qu’Angus existe. Au départ, sa moustache et sa coupe étaient bien plus énormes ! Il était destiné à un projet d’heroic fantasy. Puis un jour, je l'ai redessiné avec un flingue à la main, et j'ai eu le déclic ! J'ai contacté Corbeyran, et je lui ai demandé d'écrire une histoire autour de lui. Je lui ai proposé l'Irlande du Nord des années 70, et l'IRA comme toile de fond politique. Il a tout de suite accroché. Pour parler de l'IRA, personnellement, je suis contre les actions à la bombe, bien évidemment, mais certains groupuscules révolutionnaires ont des causes justes à défendre.
Pouvez-vous nous raconter vos débuts, vos premiers pas dans la bande dessinée ?
Très jeune et inexpérimenté, j'ai fais une trilogie d’heroic fantasy chez Albin Michel : « L'épée noire du Pentaskelé ». La série était scénarisée par Claude Plumail, qui était déjà bien en place dans le métier. Sans lui, je n'aurai sans doute jamais percé. Si vous ne vous faite pas chaperonner par quelqu'un de connu, vous avez très peu de chance qu'on lise vos projets...
Quelle a été la place de la documentation pour « Une Balle dans la tête » ?
Il a fallu pas mal de doc’, ne serait-ce que pour retranscrire le Belfast des années 70. Pour le contexte historique, Eric s'en est chargé de son coté. Mais l'important dans cette série en deux tomes, n'est pas réellement l'IRA, mais les histoires humaines. Outre le conflit social de cette époque dans ce pays, c'est le conflit intérieur d’Angus qui compte pour moi. Il est partagé, incapable de vivre une histoire d'amour avec cette fille, serveuse, qui est aussi le personnage pivot de l'histoire. Tous les personnages sont des archétypes romanesques du polar pur et dur. Avec Eric (Corbeyran) nous avons mélangé l'histoire d'un soupçon de chamanisme (je m'y intéresse). Ceux qui n'y connaissent rien prendront cela pour du fantastique, alors qu'il n'en est rien.
Quelles sont vos méthodes de travail ? Combien de temps faut-il pour dessiner un polar de ce genre ?
Je n'ai pas de méthode. Ma méthode est la non-méthode.
Quels sont les autres univers que vous aimeriez explorer dans l'avenir ?
J’aimerais explorer tous les univers...
Des projets pour l’avenir ?
Bien sûr. Je travaille actuellement avec Frédéric Bertocchini sur un roman graphique en noir et blanc. Il s’agit d’un bouquin sur la vie des Doors et de Jim Morrison plus précisément. Si tout va bien, la sortie est prévue en octobre chez Emmanuel Proust éditions. En parallèle je travaille avec Corbeyran et Bartoll, chez 12bis, sur une série plus grand public. Il s’agit d’un thriller géopolitique, dont le premier tome devrait sortir en septembre.
Francescu Maria Antona